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IN ANALYSIS: SUJET DIGITAL

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À l’heure du tout digital, que devient le sujet psychanalytique ? Y a-t-il des incidences au niveau d’un inconscient habituellement réduit à ses refoulements ? Ce nouvel environnement qui sollicite jusqu’à l’excès nos capacités psychiques et physiques produit-il des interférences au niveau de notre structure psychique ? Irait-il jusqu’à greffer des éléments ou des contenus inconcevables du temps de Freud lorsque l'enfant ne subissait pas l’influence des écrans, des publicités ou des images ? Comment la normativité imposée par des algorithmes et des raisons économiques omniprésentes vient-elle contraindre, pour part, la trajectoire des sujets ?

Il existe, naturellement, des avantages offerts par l’accès aux nouvelles technologies de la communication et de l’information, qui sont quantifiés et qualifiés en termes d’apprentissages, d’accès aux connaissances, de communication avec des tiers, d’insertion sociale dans des groupes de semblables, de rapidité du traitement de l’information par l’intelligence artificielle, de facilités d’accès à des services, d’amélioration de systèmes militaires et de surveillance contre la criminalité, etc. Or, au-delà de ces attributs que nous apprécions tous à divers degrés, il existe un ensemble d’inquiétudes qui sont de plus en plus nommées par des penseurs et des chercheurs contemporains. Parmi les aspects négatifs qui, certes, nécessiteraient chacun des analyses plus précises, énumérons-en quelques uns : constitution d'une ère du narcissisme, de l'image et des fake news, perte des limites, menace de la démocratie par les réseaux sociaux et les algorithmes (stimulant, via des émotions négatives qui génèrent de l’attention, l'émergence du populisme et des polarisations politiques et idéologiques), construction d’une société fondée sur une démultiplication des likes qui dicte la politique et l’économie, manipulation des esprits à l'aide des sciences cognitives et comportementales (neuromarketing), exploitation des vulnérabilités psychologiques, création d'une économie de l'attention brève, incitations à une consommation démesurée responsable de la crise climatique, ubérisation des emplois et précarisation, saturation informationnelle et stress numérique, instauration de normes techno-sociales globales qui bousculent les normes locales et les lois en vigueur, surveillance croissante et envahissante, non respect de la protection des données, gonflement de bulles spéculatives, usage excessif des écrans par les tout petits et les adolescents corrélé à une explosion de troubles psychiatriques, etc. La liste est longue mais notre question simple : ces différents enjeux devraient-ils pousser ou non les cliniciens à des remaniements théorico-cliniques ? Et si oui, lesquels ?




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