WHO

DECIDES

WHO

DECIDES?

3D FACIAL WEAPONIZATION

 

Séminaire de Marta Revuelta 

Le 5 octobre 2019 de 15h à 18h

 

Les caméras de reconnaissance faciale scannent des caractéristiques faciales distinctes et spécifiques telles que la forme du visage afin de créer une carte biométrique détaillée telle une empreinte digitale, mais prise sans la connaissance ni le consentement de la population. Les technologies de reconnaissance faciale utilisent des caméras et un logiciel pour associer des images en temps réel des citoyens dans l'espace public à des images figurant sur une watch list, soit une liste de surveillance provenant de sources diverses qui peuvent ne pas comprendre uniquement des visages de personnes soupçonnées d'actes criminels. Alors que les débats et manifestations contre l'utilisation controversée de la reconnaissance faciale se multiplient dans le monde entier, les forces gouvernementales et de police ont de plus en plus recours à la technologie d’analyse faciale pour monitorer des manifestations et rassemblements citoyens. Les dernières manifestations de Hong Kong ont mis en lumière cette infrastructure de surveillance basée sur cette technologie, mise en place par des forces gouvernementales, mettant en évidence son potentiel d'utilisation abusive appliquée dans le cadre d’une surveillance citoyenne de masse. 

 

Parallèlement à ces applications, une recherche en reconnaissance faciale financée par l’Office of the Director of National Intelligence (ODNI) et Intelligence Advanced Research Projects Activity (IARPA) propose une méthode capable de produire des reconstructions 3D détaillées du visage à partir de photos prises dans des conditions de vision suboptimal. Cette méthode consiste ensuite à estimer les détails plausibles du visage dans des endroits où le visage est caché afin de le reconstruire dans sa totalité. C’est une avancée qui, dans un future proche, pourrait mettrait en échec les stratégies de camouflage et donc d’anonymat des manifestants, activistes et militants.

 

Le séminaire 3D Facial Weaponization consiste à créer un espace d’expérimentation pour investiguer la relation tendue entre les manifestants et la reconnaissance faciale. Cela permet aussi de faire une état des lieux des recherches contemporaines et éprouver les nouveaux algorithmes dans le champ de la reconstruction faciale, avec pour objectif d’entretenir un dialogue sur la liberté de manifester et l’utilisation de l'IA dans la surveillance de masse.