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Déclaration d'indépendance digitale

L'humanité a été exploitée avec mépris par de vastes empires numériques. Il est maintenant nécessaire de remplacer ces empires par des réseaux décentralisés d'individus indépendants, comme dans les premières décennies de l'Internet. Comme notre participation a été volontaire, personne ne doute de notre droit de prendre cette décision. Or si nous voulons persuader le plus grand nombre possible de s'unir et de rendre possibles la création de réseaux réformés, nous devons tout d'abord exposer les raisons pour lesquelles nous souhaitons remplacer les anciens.

 

Nous déclarons que nous avons des droits numériques inaliénables, des droits qui définissent comment l'information que nous possédons individuellement peut ou non être traitée par d'autres, et que parmi ces droits figurent la liberté d'expression, la vie privée et la sécurité. Puisque l'architecture exclusive et centralisée de l'Internet a incité la plupart d'entre nous à abandonner ces droits, parfois avec réticence ou cynisme, nous devrions exiger un nouveau système qui les respecte de manière adéquate. Les difficultés et les risques de discorde sous-tendus par cette réforme globale signifient que cette tâche ne doit pas être entreprise à la légère. Pendant des années, nous avons approuvé et même célébré cette entreprise pendant qu'elle profitait de notre communication et de notre travail non rémunéré. Mais récemment il est devenu tout à fait clair qu'une malveillance impitoyable, secrète, contrôlante et exploitante guide les réseaux centralisés de l'Internet et les corporations qui les soutiennent.

 

La longue série d'abus dont nous avons été victimes nous donnent le droit, voire le devoir, de remplacer les réseaux actuels. Afin de montrer quels types d'abus nous avons subis de la part de ces sociétés géantes, soumettons ces faits soient au jugement honnête des individus.

Ils ont pratiqué la modération à l'interne en accord uniquement avec des notions visant la maximisation de leur profit au lieu de permettre une modération démocratique exercée par des membres aléatoires de la communauté.

Ils ont interdit, étouffé et discrédité (de l'ombre) les utilisateurs et le contenu en fonction de considérations politiques, exerçant ainsi leur énorme pouvoir corporatiste pour influencer les élections dans le monde entier.

Ils ont adopté des algorithmes pour les flux d'utilisateurs qui mettent en évidence les contenus les plus controversés, rendant la participation citoyenne plus émotionnelle et irrationnelle, permettant ainsi aux puissances étrangères d'exercer une influence malhonnête sur les élections dans le monde.

Ils ont exigé l'acceptation de conditions d'utilisation qui sont impossibles à comprendre pour les utilisateurs ordinaires et qui sont volontairement confus afin de leur permettre de défendre légalement leurs pratiques d'exploitation.

Ils ont commercialisé des données privées auprès d'annonceurs sans le consentement explicite de qui que ce soit.  

Ils n'ont pas fourni de moyens clairs permettant de se retirer de tels systèmes de commercialisation.

Ils ont soumis les utilisateurs à ces conditions et à cette surveillance même lorsque ces derniers paient pour des produits et des services.

 

Ils exploitent les données et les comportements des utilisateurs de manière sophistiquée et dérangeante, au point de connaître plus sur un utilisateur qu’il n’en sait sur lui-même ; ils ont profité de ces informations cachées et personnelles.

Ils ont évité d'utiliser un cryptage suffisant et de bout en bout lorsque les utilisateurs ont le droit à une confidentialité totale, afin de conserver l'accès aux données des utilisateurs.

Ils ont accumulé des quantités stupéfiantes de données d'utilisateurs tout en ne respectant pas les bonnes pratiques de sécurité de l'information, comme le chiffrement ; ils ont ouvert ces données par inadvertance ou délibérément à des attaques illégales et à la surveillance gouvernementale.

Ils ont injustement bloqué des comptes, des messages et des moyens de financement pour des raisons politiques ou religieuses, préférant la loyauté de certains utilisateurs au détriment des autres.

Ils ont parfois été trop disposés à coopérer avec des gouvernements despotiques qui contrôlent l'information et surveillent leur population.

Ils ont échoué à fournir des options adéquates et souhaitables afin que les utilisateurs puissent être guidés dans l’expérience de leurs services, préférant les manipuler dans un but lucratif.

Ils n'ont pas fourni aux utilisateurs les outils adéquats pour effectuer des recherches dans leur propre contenu, les obligeant plutôt à utiliser, de manière scandaleuse, des interfaces inadéquates à cette fin.

Ils ont exploité des utilisateurs et des volontaires qui fournissent gratuitement des données à leurs sites, en mettant ces données à la disposition d'autres personnes uniquement par le biais d'interfaces de programmes d'application payantes et de conditions de service violant la vie privée, en ne rendant pas ces données librement fournies gratuites et open source, et en interdisant aux utilisateurs d'anonymiser leurs données et de pouvoir s'en retirer facilement.

Ils ont échoué à fournir des outils adéquats, et parfois aucun outil, pour exporter les données des utilisateurs selon une norme standardisée des données.

ls ont créé des compartiments artificiels pour leur propre profit ; ils n'ont pas réussi à fournir les moyens d'incorporer un contenu similaire, provenant d'ailleurs, dans le cadre de leur interface, forçant les utilisateurs à rester dans leurs réseaux et les coupant de la famille, des amis et des associés qui utilisent les autres réseaux.

Ils ont profité du contenu et de l'activité des utilisateurs, souvent sans partager aucun de ces profits avec les utilisateurs.

Ils ont traité les utilisateurs avec arrogance comme une ressource remplaçable à exploiter et à contrôler plutôt que d'être traités avec respect, comme des partenaires libres, indépendants et différents.

Nous avons supplié et plaidé, nous nous sommes plaints et nous avons eu recours à la loi. Les dirigeants de ces sociétés sont au courant de ces plaintes quotidiennes, mais ils ne les reconnaissent publiquement que rarement et à contrecœur. Les mauvais traitements se poursuivent, ce qui montre que la plupart de ces dirigeants ne sont pas des intendants dignes de la confiance du public.

La garantie la plus fiable de notre vie privée, de notre sécurité et de notre liberté d'expression ne peut pas prendre la forme d'une entreprise, d'une organisation ou d'un gouvernement ; elle réside dans le libre accord entre individus libres d'utiliser des normes et protocoles communs. L'immense pouvoir exercé par les réseaux sociaux du début du XXIe siècle, qui met sérieusement en péril nos droits numériques, démontre que nous devons concevoir des réseaux décentralisés, nouveaux mais démodés, qui rendent impossibles des concentrations de pouvoir aussi clairement dangereuses.

Par conséquent, nous déclarons notre soutien aux principes suivants.

 

Principes des réseaux sociaux décentralisés

Nous, les personnes libres, devrions pouvoir publier nos données librement, sans avoir à rendre des comptes à aucune société.

Nous déclarons que nous possédons légalement nos propres données ; nous possédons à la fois le droit légal et moral de contrôler nos propres données.

Les messages qui apparaissent sur les réseaux sociaux devraient pouvoir être diffusés, comme les courriels et les blogues, à partir de nombreux services indépendants que nous contrôlons individuellement, plutôt qu'à partir de bases de données que les entreprises contrôlent exclusivement ou à partir d’archives centralisées.

Tout comme personne n'a le droit d'écouter des conversations privées à la maison sans raisons valables, le droit à la vie privée des utilisateurs doit être protégé contre la surveillance criminelle, corporatiste et gouvernementale ; par conséquent, en ce qui concerne le contenu privé, les protocoles doivent soutenir un cryptage fort et de bout en bout, et d'autres bonnes pratiques de confidentialité.

Comme c'est le cas avec le système de noms de domaine Internet, les listes de flux d'utilisateurs disponibles devraient être limitées par des normes et protocoles techniques uniquement, jamais en fonction de l'identité ou du contenu des utilisateurs.

Les applications de réseaux sociaux devraient mettre à disposition de l'utilisateur et à sa seule appréciation, des données saisies par l'utilisateur qui seront distribuées par tous les autres éditeurs selon des normes et protocoles communs et mondiaux, tout comme les courriels et les blogues, sans qu'aucun éditeur ne soit privilégié par le réseau au-dessus des autres. Les applications aux normes idiosyncrasiques violent les droits numériques de leurs utilisateurs.

Par conséquent, les applications de réseaux sociaux devraient regrouper les messages provenant de sources de données multiples et indépendantes, telles que déterminées par l'utilisateur et dans un ordre déterminé par les préférences de l'utilisateur.

Aucune entreprise, ou un petit groupe d'entreprises, ne devrait contrôler les normes et les protocoles des réseaux décentralisés, pas plus qu'il ne devrait y avoir une marque, un propriétaire, un logiciel propriétaire ou un emplacement Internet unique associé à ceux-ci –ce qui constituerait une centralisation.

Les utilisateurs doivent s'attendre à pouvoir participer aux nouveaux réseaux et à jouir des droits énumérés ci-dessus, sans compétences techniques particulières. Ils devraient avoir un contrôle très facile à manier sur le respect de la vie privée, à grain fin et grossier à la fois, avec les messages les plus privés cryptés automatiquement, et en utilisant des outils de contrôle des flux et des résultats de recherche qui sont faciles à utiliser pour les personnes non techniques.

 

Nous estimons que l'adhésion à ces principes signifie revenir aux pratiques plus saines et meilleures des premiers temps d’Internet qui ont été, après tout, à la base de la brillante ascension du réseau. Quiconque s'oppose à ces principes s'oppose à l'Internet lui-même. Nous nous engageons donc à coder, à concevoir et à participer à des réseaux plus récents et qui suivent ces principes, et à éviter les réseaux plus anciens, contrôlants et qui seront bientôt dépassés.

Nous soussignés, les internautes, publions et déclarons solennellement que nous ferons tout notre possible pour créer des réseaux sociaux décentralisés ; que le plus grand nombre possible d'entre nous devraient distribuer, discuter et signer ce document ; que nous approuvons l'énoncé précédent des principes de décentralisation ; que nous jugerons les entreprises de médias sociaux selon ces principes ; que nous démontrerons notre solidarité envers cette cause en abandonnant, si nécessaire, les réseaux abusifs ; et que, tant pour les utilisateurs que pour les promoteurs de l'Internet décentralisé, nous allons défendre cette cause.

Larry Sanger (cofondateur de Wikipédia)

Traduction par Liviu Poenaru

Source: https://larrysanger.org/2019/06/declaration-of-digital-independence/

 

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